Comment lutter contre l’humidité ascensionnelle

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Comment lutter contre l’humidité ascensionnelle
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L’humidité ascensionnelle, celle en provenance du sol, est la cause la plus courante d’humidité, principalement dans les bâtiments anciens. La raison principale : l’absence de membranes d’étanchéité au pied des murs lors de la construction. Conséquence de cette humidité ascensionnelle ? L’humidité omniprésente bien sûr, mais aussi des dégradations aux matériaux et aux finitions.

mur-humideSi comme nous venons le dire, la majeure partie des problèmes d’humidité se présente dans les bâtiments anciens, les constructions récentes peuvent aussi présenter des problèmes d’humidité. Il s’agit souvent de dégâts aux membranes d’étanchéité placées dans les maçonneries, d’erreurs de placement ou encore d’apports de terre contre les murs. Voyons cela de plus près.

Les traitements de l’humidité ascensionnelle

Pose d’une barrière mécanique : une membrane d’étanchéité

Utilisée en construction neuve, cette technique est aussi utilisable en rénovation de bâtiments anciens. Elle consiste à intercaler dans le mur à traiter et sur toute sa section, un matériau imperméable :

  1. Une membrane souple
  2. Une feuille rigide ou semi-rigide
  3. Une plaque ondulée
  4. Un mortier hydrophobe, hydraulique ou résineux.

Pose d’une membrane d’étanchéité souple

Par burinage dans le bas de la maçonnerie, on enlève une rangée ou un tas de briques sur toute l’épaisseur du mur et sur une longueur de maximum 1m, tous les 2m courants. La membrane étanche est placée sur toute l’épaisseur du mur dans cette saignée horizontale. La maçonnerie est ensuite obturée à l’aide d’un mortier à prise rapide avec ou sans adjonction de briques. Après durcissement du mortier, les saignées entre les zones traitées sont réalisées et traitées de la même manière, tout en prenant soin de réaliser une étanchéité continue.

Pose d’un film rigide ou semi-rigide

Le principe est à peu près identique, si ce n’est qu’au lieu d’enlever une hauteur de briques, on disque au diamant dans l’épaisseur du joint et on glisse la barrière étanche au travers du mur. L’obturation se fait immédiatement au ciment rapide. Ce procédé suppose la présence d’un joint horizontal continu, ce qui n’est pas toujours le cas dans les anciennes constructions.

Plaque métallique

(Tôle enchâssée)

Une variante de la précédente consiste à enchâsser par percussion une plaque métallique ondulée, sorte de tôle ondulée, dans le joint, ce qui suppose une grande stabilité du mur.

Durable et efficace la pose d’une membrane d’étanchéité est un procédé excellent qui peut être considéré comme une référence dans les systèmes d’assèchement Notons que le séchage du mur n’est ni plus ni moins rapide qu’avec un autre procédé.

Dans tous les cas, la pose d’une barrière mécanique demande toutefois un accès aux deux faces du mur et ne convient pas pour les murs trop épais, trop instables ou composés de moellons (pierres de tailles variables). Le procédé ne convient pas non plus pour les murs creux Enfin, il requiert des travaux importants, tant pour l’étanchéité que pour les réparations.

Pose d’une barrière chimique : injection de produits hydrophobes ou bouche-pores

Le principe consiste à injecter dans le mur et par divers moyens, un produit liquide qui formera une zone étanche à l’endroit traité. La remontée capillaire étant bloquée, le mur pourra commencer à s’assécher au-dessus.

Le terme injection englobe différentes méthodes utilisant des produits hydrofuges ou bouche-pores qui sont mis en place soit par :

  • Gravité (diffusion)
  • Goutte à goutte (transfusion)
  • Injection (sous moyenne ou basse pression)
  • Par goutte à goutte : on place sur chaque tuyau un système qui temporise le débit et permet une absorption plus graduelle : procédé forcement lent
  • Par cylindres congelés : dans des trous de plus grand diamètre, on introduit des cylindres de produit congelé qui, en se dégelant, se diffuse dans la masse du mur Ce procédé est plutôt lent et sans contrôle.
  • Par injection sous pression ou l’on contrôle à la fois le débit et la pression de manière à connaitre la quantité de produit injectée et détecter une éventuelle cavité dans le mur C’est le plus rapide des trois procèdes.

Et si le mur est caverneux ou les joints intérieurs défectueux ?

Dans ce cas, l’intervention se fera en deux étapes. La première consiste à injecter un mortier ou une résine liquide destiné à combler les trous et cavités internes du mur La seconde sera l’injection proprement dite, au cœur du mortier de bouchage.

Pour mettre en œuvre ces produits hydrofuges ou bouche- pores, on pratique, des trous de 80 à l20/l60 mm de diamètre percés tous les IO à l5 cm sur les 2/3 ou de l’épaisseur du mur. Si I’ on est en présence d’un joint continu, le forage se fera de préférence à cet endroit, mais dans le cas contraire, on se contente d’aligner les trous de forage horizontalement, qu’ils tombent dans un joint ou dans de la pierre/brique. L’intervention peut se faire tant par l’extérieur que par l’intérieur. Le produit est alors introduit et diffusé dans le mur par l’un des procédés suivants.

Dispositif de forage dans la maçonnerie et injection de produits

  • Par simple gravité : dans chaque trou, on introduit un tuyau ter- mine par un petit récipient que l’on remplit régulièrement jusqu’à ce que le mur n’absorbe plus. Le procédé est plus lent et on ne contrôle pas vraiment la pression ou le débit d’injection.

Efficacité

Les techniques d’injection sont polyvalentes et performantes, permettent de traiter des maçonneries à moindre coût, mais également de s’attaquer à des ouvrages jusqu’ici considérés comme impossibles a assécher pour des raisons de stabilité, du fait de l’épaisseur des murs. etc. Ces techniques offrent également la possibilité de traiter des habitations occupées, sans gêne particulière. Les produits actuellement utilisés ont une durée d’efficacité potentiellement égale à celle du bâtiment et de nombreuses firmes accordent une garantie de 30 ans. Elles proposent généralement un contrôle d’efficacité dans les mois ou l’année qui suit le traitement.

Attention au coût total de l’opération. A celui de l’injection seule il faut ajouter les travaux annexes : replâtrage, retapissage, nouvelle peinture, dépose et pose des plinthes, radiateurs ou autres.

Sachez aussi que les produits habituellement utilisés pour l’injection contiennent des solvants responsables d’odeurs plus ou moins prononcées et désagréables. Comme tous les solvants, ils peuvent incommoder, voire provoquer des allergies. Il est ainsi conseillé d’aérer convenablement et pendant plusieurs semaines les pièces concernées par le traitement et déconseillé d’y dormir avant plusieurs semaines.

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